Dire la vérité..la vraie.

  • Dire la vérité..la vraie.

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    Une femme et son enfant.

    Qui ont fait partie de notre vie .

    Je crois que vous allez partager la réflexion de cet homme !

     

     

       

    A Monsieur le DIRECTEUR GENERAL de la Télévision 

        R.T.B.F., Boulevard Reyers       BRUXELLES. 

      

    Monsieur le Directeur Général,

      

    Vos émissions de télévision en faveur de la conservation de la nature (« Vu du ciel »), ou de la promotion de nos réalisations dans le monde (« c’est du Belge »), sont de facture fort enrichissante et encouragent la fierté d’être Belge.

     

    Par contre, certains reportages ou certains films sur le Congo de l’époque coloniale, ressemblent souvent à des documentaires de propagande visant à dénigrer l’œuvre des Belges qui étaient au Congo avant l’indépendance.

     

    A l’occasion du cinquantième anniversaire de cette indépendance du Congo, que vous présentez comme une fête, - alors que pour beaucoup de Belges et de Congolais il s’agit d’un deuil (massacres de Blancs et de Noirs après Juin 1960) – vous avez présenté un film sur Lumumba et avez propagé sur les ondes des images de mains coupées, de Noirs enchaînés, comme s’il s’agissait là de l’œuvre des Belges ou d’un passé colonial dont nous devons avoir honte ! Cette subtile propagande à la ‘Goebbels’, absolument contraire aux faits réels, nuit aussi bien aux Congolais qu’aux Belges. Car les travailleurs congolais de ma plantation ont pleuré à mon départ forcé (pour ne pas être tué par des soldats révoltés), alors que je vivais en symbiose avec eux depuis dix ans (et y avais même fondé une famille). Ils ont pleuré comme j’ai pleuré en devant quitter ma plantation, mes biens, mes affaires commerciales. Ils ont pleuré comme ont pleuré depuis cinquante ans les habitants du Kivu – et comme pleurent encore maintenant les animaux des parcs nationaux, décimés par des soldats sanguinaires.

     

    Des parcs nationaux créés et entretenus par des Belges, désespérés maintenant de voir leur œuvre anéantie et dévaluée par leurs compatriotes de Belgique. Des compatriotes qui ne se sont jamais occupés du bonheur des populations congolaises, ni de l’immense tâche qui avait été accomplie au Congo par les coloniaux, lorsque des intrigants calamiteux sont venus réclamer une indépendance immédiate lors d’une ‘table ronde’ improvisée.

     

    ‘Colonial’, un nom méprisé et Sali par un Lumumba pionnier des malheurs qui ont suivi une indépendance accordée trop tôt, une indépendance que l’on pourrait qualifier de ‘raciste’ tant elle a précipité le peuple congolais dans la misère et le désespoir ; quand je la qualifie de ‘raciste’, c’est qu’elle symbolisait tous ceux qui la voulaient ‘immédiate’ sans tenir compte de tous les dégâts collatéraux qu’elle allait provoquer ! Des millions de morts, des réfugiés, une nature mutilée, des espèces décimées, un pays en ruines… 

     

    Alors, Monsieur le Directeur Général, permettez moi de vous demander très humblement une faveur : Celle de ne plus présenter des mains coupées, des Noirs enchaînés, car ce n’était pas cela la colonisation par les Belges ; c’était ce qui se passait AVANT les Belges, ce qui se passait lors de la traite des esclaves noirs organisée par les Arabes et les navigateurs anglais, mais non durant l’administration du pays par les coloniaux belges.

     

    Lors de la colonisation par les Belges, il y a eu les hôpitaux et les soins médicaux gratuits partout au Congo, les écoles gratuites, les routes, les ponts, les chemins de fer, les voies navigables, le commerce libre, les exportations, les plantations, les industries, une belle prospérité.

     

    Mais surtout, il y avait la paix et le développement d’une humanité en symbiose avec la nature. Oui, la paix, ce mot qui paraît magique quand on sait ce qui s’est passé au Congo depuis cinquante ans…depuis le départ des Belges. C’était une paix sans fusils, sans canons, sans viols, sans anarchie. Une paix dans l’ordre et le travail ; la paix et le bonheur qu’il y avait, pour un Noir, de vivre au Congo quand les Belges y étaient.

     

    S’il vous plaît, dans vos émissions prochaines, essayez de présenter cette vie des colons, de ceux qui s’y étaient établis et qui avaient fait du Congo leur seconde patrie. Essayez de montrer les administrateurs de territoire lors de leurs déplacements en pleine brousse pour y rencontrer et discuter avec les chefs coutumiers, les agronomes organisant les paysannats, les créateurs et gestionnaires des parcs nationaux qui protégeaient la nature, etc. C’est cela qu’il faut montrer à la T.V. et non faire la propagande d’un certain racisme à l’envers.  

     

    Excusez-moi d’avoir été aussi long, mais ma peine est si grande quand je pense aux malheurs des congolais depuis 1960, que je ne peux m’empêcher de bondir quand je vois à la T.V une propagande qui ravale les coloniaux belges au rang de négriers barbares – alors que c’est justement ce comportement que nous avons toujours combattu. Qu’il y ait eu, parmi les blancs du Congo des exploiteurs imbibés de whisky, cela a certainement pu se produire car les hommes ne sont pas parfaits. Mais il ne faut pas généraliser ni mettre toutes les colonisations dans le même sac, ni mélanger les époques.

     

    En vous remerciant de votre attention – et surtout de la suite que vous voudrez bien réserver à cette lettre, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur Général, mes sentiments très distingués.

     

     

     

    Henri Scaillet.